Cette année, la plus célèbre des courses automobiles fêtait sa 80ème édition. Rendez-vous incontournable pour les passionnés de sport motorisé, les 24 Heures du Mans se sont déroulées les 16 et 17 juin derniers sous une météo incertaine mais fort heureusement sans une goutte de pluie.
Une petite délégation du Ford Racing Club s'est rendue sur place pour assister à cette épreuve mythique, afin d'y admirer les belles carrosseries taillées pour la vitesse et surtout entendre résonner les Flat-6, V6 bi-turbo, et autres V8 de plus ou moins grosse cylindrée.
Si les Toyota se montrèrent très rapides durant les premières séances d'essais libres, lors des qualifications Audi imposa rapidement son rythme. Malgré une vitesse de pointe supérieure, les pilotes Toyota ne réussirent pas à égaler les chronos réalisés par les excellents compétiteurs du constructeur bavarois. C'est André Lotterer qui plaça l'Audi R18 #1 en pole position.
Mais les 24 Heures du Mans, ce n'est pas qu'une course, c'est tout une atmosphère : campings géants, déguisements des plus farfelus, véhicules exotiques de tous horizons, tout cela dans une ambiance bon enfant. Si aucune Ford n'était engagée cette année, il y en avait suffisamment dans les nombreux parkings alentours ainsi qu'à côté des tentes : Capri, Escort MkII, Focus RS, GT, F-150 SVT Lightning, Scorpio limousine, Mustang de tous âges, il y en avait de toutes les époques et pour tous les goûts !
La journée du vendredi est habituellement réservée au public. Aucune voiture ne roule et les fans peuvent admirer de près les bolides en préparation pour la course dans la pitlane. C'est également l'occasion de visiter les paddocks ainsi que les nombreux stands et échoppes afin d'y compléter sa panoplie de supporter ou y dégotter un modèle réduit manquant à sa collection. La soirée fut réservée à la traditionnelle parade des pilotes dans les rues mancelles. Le public peut ainsi approcher les vaillants pilotes et repartir les poches pleines de cadeaux et d'autographes. Mais encore fallait-il être chanceux ou ingénieux pour obtenir des autographes secs, la pluie s'étant invitée à la fête...
Avant le départ de la course, le samedi matin fut rythmé par un warm-up matinal très calme ; les pilotes ne voulant pas prendre de risques sur une piste détrempée par les intempéries nocturnes. S'en suivit la course des magnifiques prototypes du Groupe C avec la participation de Derek Bell au volant d'une Porsche 962. Ce fut la première fois qu'il revint au Mans depuis sa dernière participation en 1996.
Pour conclure la matinée, quoi de plus beau que l'Aston Martin Festival, une course réservée aux divers GT de la marque anglaise : DBR9, DBRS9, V12 Vantage GT3, V8 Vantage GT2, V8 Vantage GT4 ainsi qu'une superbe V12 Zagato. Parmi les pilotes y figuraient plusieurs personnalités proches de la marque, notamment le Dr. Ulrich Bez et David Richards mais également Rowan Atkinson, plus connu sous le nom de Mr. Bean. Bon nombre de gentlemen drivers prêts à en découdre étaient aussi de la partie et pour eux, pas question de rouler le pied léger ! Ils offrirent un superbe spectacle.
Puis à 15h, enfin... après le passage de la Patrouille de France, le départ de la course est donné ! Les bolides s'élancent pour deux tours d'horloge !
Très vite, les Audi entament leur tempo d'enfer. André Lotterer signe le meilleur temps de la course lors du 2ème tour déjà ! Un chrono digne des qualifications. Mais les Toyota suivent le rythme. Nicolas Lapierre parvient même à prendre la tête de la course à l'approche de la 6ème heure !
Malheureusement, l'euphorie est de courte durée puisque peu après, Anthony Davidson au volant de la Toyota #8 se fait percuter par une Ferrari au virage de Mulsanne et s'envole ! La course est donc neutralisée le temps de dégager les deux épaves. Le pilote Toyota s'en sort avec deux vertèbres cassées, heureusement bien peu de gravité au vu de l'accident spectaculaire. Le reste de la course se déroule plus calmement avec Audi dominant outrageusement le reste de la catégorie et le Rebellion Racing s'acharnant à ne pas se faire trop distancer.
Sans aucun véritable concurrent, Audi se dirigeait tout droit vers un quadruplé. Mais ce fut sans compter la sortie de route de Marc Gené au même endroit que son co-équipier la veille. La Lola Rebellion #12, incapable de se battre avec les prototypes des constructeurs, mais se trouvant toujours en embuscade, en profita pour terminer à la quatrième place, synonyme de "victoire du reste".
Dans la catégorie LMP2, la bataille fit rage et fut particulièrement serrée entre plusieurs prototypes s'échangeant à tour de rôle la tête de la catégorie : OAK Racing, Starworks Motorsport, Pecom Racing, Thiriet by TDS Racing, ADR-Delta et Murphy Prototypes. Sur les vingt voitures au départ, douze rallièrent l'arrivée. Seulement 14 tours séparèrent les neuf premiers concurrents, soit environ 1,5 tour de différence entre chaque voiture. C'est finalement la HPD-Honda du Starworks Motorsport qui remporta la partie devant les Oreca-Nissan de Thiriet by TDS Racing et Pecom Racing. L'équipe américaine frappa très fort pour sa première participation au Mans !
La bataille dans les catégories GT, toujours très acharnée, ne fit pas exception à la règle cette année. Dans la très relevée catégorie GTE-Pro, les pilotes du Corvette Racing firent parler leur expérience pour rapidement s'installer en tête de la catégorie. Malheureusement, des problèmes mécaniques à répétition durant la nuit leur enlevèrent tout espoir de victoire. La #73 limita les dégâts en terminant 5ème alors qu'une sortie de route de Tommy Milner eut raison de la #74. C'est finalement Ferrari qui remporta cette catégorie avec la 458 AF Corse #51 victorieuse devant la #59 du Luxury Racing. Aston Martin réalisa une belle course en prenant la 3ème marche du podium, une belle revanche suite au camouflet subi l'année passée. Du côté de Porsche, c'est la bérézina avec les deux voitures présentes ayant abandonné.
En GTE-Am, la bataille fut tout aussi intense avec une lutte pour la victoire qui se joua jusque dans les derniers tours ! La Porsche Matmut #67 était encore favorite pour la victoire à 6 tours de la fin, mais un changement de pilote obligatoire permit à la Corvette Larbre Compétition #50 de lui ravir la tête quand finalement, une crevaison eut raison de la Porsche...
La DeltaWing faisait également ses premiers tours de roues sur le Circuit de la Sarthe et, malgré des petits soucis de boîte de vitesse, elle allait bon train. Malheureusement, une poussette de la Toyota #7 eut raison de l'étrange engin qui s'encastra dans un muret...
Cette 80ème édition des 24 Heures du Mans fut marqué par le retour de Toyota en endurance et même si aucune des deux voitures ne termina la course, ils furent capables de tenir la dragée haute à Audi en s'emparant brièvement de la tête de la course. Mais on retiendra surtout la première victoire d'une voiture hybride dans cette épreuve mythique. L'équipe suisse Hope PoleVision Racing avait timidement ouvert la voie l'année passée alors que cette année, ce furent les constructeurs qui occupèrent le devant de la scène.
Les membres présents s'en sont rentrés chez eux les yeux émerveillés, les oreilles encore bourdonnantes et plein de beaux souvenirs en tête. Ni les coups de soleil, ni les jambes fatiguées après les nombreux kilomètres parcourus à pied, ni même la fatigue due au manque de sommeil n'ont eu raison des valeureux membres présents : la passion automobile fut bien plus forte que tout !
Le Ford Racing Club remercie les membres courageux ayant fait le déplacement mais aussi et surtout Francis et Ginette pour leur hospitalité.