Article publié le 01/02/2012 par Johann Conus

Le week-end dernier s'est déroulé la désormais traditionnelle manche d'ouverture du championnat Rolex Sports Car Series. Cette année, la course fêtait ses 50 ans d'existence et marquait un tournant dans l'histoire du championnat.

En effet, depuis 2003 la catégorie reine est représentée par les Daytona Prototypes spécifiques à cette série. Conçus de manière à minimiser les coûts, ces prototypes sont rudimentaires et l'aérodynamique très limitée n'offre pas une ligne flatteuse à l'œil. En cause notamment, l'habitacle spacieux qui donne un look de boîte passablement critiqué. Cette année a donc vu la troisième génération de Daytona Prototypes sur lesquels l'aérodynamique a été largement revue afin de leur offrir un look plus agréable. Trois constructeurs proposent un nouveau châssis aux équipes : Riley, Coyote et Dallara. Les équipes ont ensuite le choix entre trois motoristes : Chevrolet, Ford et pour la première fois, BMW.

Pour cette première manche, on a le droit à une Chevrolet-Riley chez GAINSCO/Bob Stallings Racing, une Chevrolet-Dallara chez SunTrust Racing, deux Chevrolet-Coyote pour Action Express Racing et une pour Spirit of Daytona Racing. Tous ces prototypes précités sont reconnaissables à une carrosserie inspirée de la Corvette proposé par Pratt & Miller.

Outre les Chevrolet, on retrouve deux Ford-Riley, une chez Michael Shank Racing et une chez Starworks Motorsport ainsi que deux BMW-Riley chez Chip Ganassi Racing. Ces prototypes ont une carrosserie plus conventionnelle.

Chip Ganassi Racing a déjà remporté quatre fois les 24 heures de Daytona, dont la dernière édition. Egalement champions en titre, ils faisaient logiquement figure de favoris, tout comme GAINSCO/Bob Stallings Racing et SunTrust Racing, habitués à se battre en tête.

Mais à la surprise générale, c'est Ryan Dalziel, vainqueur de l'édition 2010, qui a décroché la pole position au volant de la Ford-Riley n° 8 du team Starworks Motorsport. Parmi ses coéquipiers, on retrouve le très incisif Allan McNish, double vainqueur des 24 heures du Mans et Lucas Luhr, champion du monde GT1 en titre. Avec des pilotes aussi redoutables sur la première ligne, nul doute que la course allait promettre une belle bagarre.

Revoyons donc le film de la course :

Ryan Dalziel prend un bon départ et mène le début de la course. Pour d'autres, les problèmes arrivent très vite : la Corvette n° 10 du SunTrust Racing doit s'arrêter 30 minutes après le départ car un problème moteur est détecté. Après réparations, la voiture reprend la piste mais pour en ressortir aussitôt ! Les mécaniciens tentent à nouveau de réparer le moteur mais c'est peine perdue : l'équipe finit par déclarer forfait.

Enzo Potolicchio succède à Ryan Dalziel. Mais le pilote vénézuélien n'est pas aussi véloce que ses collègues. Il se fait rapidement ravir la tête de la course.

Dans l'autre Ford-Riley, la n° 60 du team Michael Shank Racing, Ozz Negri Jr. remonte le peloton comme une balle pour reprendre la tête mais ne la garde pas longtemps car il a fort à faire avec la Corvette n° 99 d'Alex Gurney.

Après deux interventions de la voiture de sécurité qui ressert les rangs, Michael Valiante prouve que les Daytona Prototypes d'ancienne génération n'ont pas à rougir face à leurs homologues plus récents : il s'empare de la tête avec sa Ford-Riley n° 2, un bref instant seulement : Scott Pruett fait passer sa BMW-Riley n° 01 en tête.

Justin Wilson succède à Ozz Negri Jr. et reprend la tête de la course : les Ford n'ont pas dit leur dernier mot, la Ford-Riley n° 8 revient également aux avant-postes.

Mais c'est ensuite les Corvette n° 9 et n° 99 qui se placent en tête avec en troisième position, Joey Hand dans la BMW-Riley n° 01.

Ryan Dalziel parvient à se réinstaller confortablement en tête. La course est neutralisée pendant de longs moments. La seconde BMW-Riley n° 02 pilotée par Dario Franchitti prouve qu'il faut également compter sur eux.

Mais Ozz Negri Jr. reprend le volant de la n° 60 et vient se positionner en deuxième place derrière Ryan Dalziel qui mène toujours le bal.

Juan Pablo Montoya, au volant de la n° 02 prend ensuite la tête, suivi par son coéquiper Scott Pruett dans la n° 01.

Après le bal des ravitaillements, Allan McNish s'installe en tête au volant de la Ford n° 8, les deux BMW-Riley ayant décidé de changer de plaquettes de freins. A ce moment, la Corvette n° 99 s'arrête pendant de longs moments : les mécaniciens s'affairent sous le capot pour régler des problèmes de surchauffe.

Peu après, c'est la BMW n° 02 de Scott Dixon qui doit s'arrêter pour réparer des problème de boîte à vitesses. A.J. Allmendinger en profite pour se rapprocher d'Allan McNish, toujours en tête. Graham Rahal, dans la deuxième BMW, suit les deux Ford.

C'est au tour de la Corvette n° 9 de connaître des problèmes moteur. C'est décidément l'hécatombe parmi les prototypes à moteurs Chevrolet.

Justin Wilson reprend le volant de la n° 8, toujours en tête, suivi par Ozz Negri Jr. Le duo de Riley-Ford creusent l'écart en tête, seules la BMW n° 01 et la Corvette n° 5 suivent la cadence, les autres concurrents sont relayés à au moins un tour de retard.

Longtemps en tête, la n° 8 est victime d'un petit accident : Lucas Luhr a fait un tout-droit et a perdu du temps au stand pour remettre sa voiture en état. Les mécaniciens ont tout simplement enlevé la partie arrière de la carrosserie qui était abîmée, lui permettant de repartir à la troisième place en ayant perdu un tour.
C'est donc Scott Pruett qui repasse en tête suivi par les deux Ford-Riley.

Ryan Dalziel succède à Lucas Luhr et effectue une superbe remontée : il reprend son tour de retard. Le trio de tête tourne maintenant dans le même tour.

En quatrième place, on retrouve la Ford n° 2 à trois tours du meneur suivie par la Corvette n° 5 qui a perdu toute chance de victoire, ayant dû subir une longue opération sur ses freins.

Après 20 heures de course, c'est la onzième intervention de la voiture de sécurité : les trois Daytona Prototypes se retrouvent alors au coude à coude pour la tête. A la relance, Negri Jr. double Pruett à la chicane du bus stop. Le tour d'après c'est Dalziel qui effectue la même manœuvre au même endroit.

A peine 20 minutes après, la course est de nouveau neutralisée. Allan McNish en profite pour se réinstaller au volant de sa Ford, il ressort troisième derrière Graham Rahal.

A la reprise, le pilote écossais ne perd pas son temps pour repasser à la deuxième place. Le duo Ford s'échappe.

S'ensuit une intense bagarre pour la tête : Allan McNish tente tout pour essayer de doubler Ozz Negri Jr. en profitant notamment du traffic mais le pilote brésilien se défend extrêmement bien face aux assauts du double vainqueur des 24 heures du Mans. La bagarre entre les deux Ford permet à la BMW n° 01 de revenir en embuscade.

Les deux leaders s'arrêtent au stand : Allmendinger reprend le volant de la n° 60. Allan McNish ressort devant et se retrouve derrière la BMW qui est restée dehors.

Après avoir longtemps suivi le trio de tête, la Ford n° 2 est contrainte à l'abandon suite à une casse de transmission.

La BMW n° 01 s'arrête au stand, permettant à Allmendinger de repasser en tête. Mais Allan McNish n'a pas dit son dernier mot et double le pilote américain.

A.J. Allmendinger ne se laisse pas faire pour autant et, dans un gracieux mouvement digne du NASCAR, double McNish à l'intérieur du banking puis remonte pour le forcer à ralentir. L'Ecossais n'apprécie pas la manœuvre et le fait savoir en le tapant sur le côté ! Mais cela ne suffit pas pour déconcentrer Allmendinger qui termine son dépassement.

Une nouvelle intervention de la voiture de sécurité semble tout remettre en cause : à ce moment-là, c'est la BMW de Scott Pruett qui se trouve devant les Ford d'Allmendinger et de Luhr qui a repris le siège de McNish.

Mais à un peu plus d'une heure de la fin, la voiture qui avait résisté au duo des Ford-Riley est contrainte de s'arrêter à cause d'un problème de boîte à vitesse. Elle perd quatre tours et tout espoir de victoire ! C'est donc la Ford-Riley n° 6 d'ancienne génération qui se retrouve alors troisième.

Ryan Dalziel, au volant de la n° 8, redouble d'efforts pour tenter de dépasser le pilote de NASCAR. Mais rien n'y fait, les positions ne changent plus dans la dernière heure et c'est A.J. Allmendinger qui franchit la ligne d'arrivée en tête au volant de la Ford n° 60.

Après 761 tours, le pilote du team Michael Shank Racing remporte ainsi la prestigieuse course d'endurance et offre à Ford une superbe victoire après 13 ans de disette. Et même plus encore : c'est là un magnifique triplé qui est remporté par la marque à l'ovale bleu. Quelle belle manière de célébrer les 50 ans de cette épreuve mythique !

Parmi les différents motoristes, Ford s'est montré le plus performant et le plus fiable puisque parmi les trois motoristes des nouveaux Daytona Prototypes, c'est le seul qui n'a pas connu de soucis. De plus, les performances étaient belles et bien là : sur les 761 tours de la course, la n° 60 en a mené 249 et la n° 8, 295, ce qui représente plus de 71 % de la durée de l'épreuve ! La Ford-Riley du team Starworks Motorsport s'est montré également la plus véloce avec Ryan Dalziel qui a signé la pole position ainsi que le meilleur tour en course !

Félicitations à ces deux équipes qui ont largement mérité leur succès et qui ont offert un grand spectacle : cette course d'endurance a été un sprint de 24 heures !

A noter également que l'écart entre les deux premiers n'est que de 5,198 secondes seulement ! Encore moins que l'écart lors des 24 heures du Mans 2011.

Résultat de la course :

1. John Pew / Oswaldo Negri Jr. / A.J. Allmendinger / Justin Wilson, Ford-Riley — 761 tours
2. Enzo Potolicchio / Ryan Dalziel / Alex Popow / Lucas Luhr / Allan McNish, Ford-Riley — 761 tours
3. Michael McDowell / Felipe Nasr / Jorge Goncalvez / Gustavo Yacaman, Ford-Riley — 761 tours
4. Scott Dixon / Juan Pablo Montoya / Dario Franchitti / Jamie McMurray, BMW-Riley — 760 tours
5. Darren Law / David Donohue / Christian Fittipaldi, Corvette DP — 758 tours
6. Scott Pruett / Memo Rojas / Graham Rahal / Joey Hand, BMW-Riley — 757 tours
7. Brian Frisselle / Burt Frisselle / Jim Lowe / Paul Tracy / Billy Johnson, Ford-Dallara — 748 tours
8. Antonio Garcia / Richard Westbrook / Oliver Gavin / Jan Magnussen, Corvette DP — 746 tours
9. Terry Borcheller / J.C. France / Joao Barbosa / Max Papis, Corvette DP — 739 tours
10. Enzo Potolicchio / Marco Andretti / Ryan Hunter-Reay / Michael Valiante / Scott Mayer, Ford-Riley — 736 tours

Résultat complet

En marge de l'évènement avait également lieu la première manche du championnat CTSCC — Continental Tire Sports Car Challenge.

Là encore, ce sont des Ford qui joué aux avant-postes : tout d'abord Shelby Blackstock a qualifié sa Mustang n° 51 en pole position, juste devant son coéquipier Jack Roush Jr. avec la Mustang n° 61.

Au départ de la course pourtant, Blackstock se fait dépasser par 4 voitures. C'est la Camaro d'Eric Curran qui est alors en tête.

De son côté, Jack Roush Jr. progresse solidement à son rythme. Lorsqu'il passe le volant à son coéquipier, Billy Johnson, il occupe la troisième place. Johnson en profite pour doubler ses concurrents et s'installe solidement en tête à 18 tours de la fin. Derrière lui suivent une ribambelle de BMW M3.

Il remporte avec brio sa dixième victoire dans le championnat.

Cette course marquait également le début en compétition de la Focus ST-R dans la catégorie ST. Les débuts ont été plutôt difficiles. Les deux pilotes expérimentés du team Multimatic Motorsports, James Gué et Gunnar Jeannette prenant encore leurs repères avec la voiture.

Après un début de course laborieux, James Gué passe le volant à Gunnar Jeannette. Malheureusement se dernier se retrouve derrière la voiture de sécurité et peine à trouver son rythme une fois la course relancée. Il se retrouve au milieu d'un peloton et lors d'un freinage assez appuyé, il se fait légèrement percuter de l'arrière et finit sa course dans un mur.

Résultat